Sécuriser un établissement face aux départs de feu
Un départ de feu peut sembler imprévisible, pourtant il survient presque toujours sur un terrain favorable. Une installation vieillissante, un stockage mal maîtrisé, un matériel laissé sans surveillance, une issue encombrée, une équipe qui hésite au moment d’agir… Ce type de détail suffit à transformer un incident en urgence majeure, avec un risque direct pour les personnes, l’activité et la responsabilité de l’établissement.
Toutes les entreprises sont concernées, qu’elles reçoivent ou non du public. Il en va de la sécurité des personnes travaillant au sein de la société et des visiteurs. Ces recommandations valent aussi pour les écoles, centres de loisirs, salles de sport, salles de spectacle, cinéma etc…
Le départ de feu se gère avant qu’il n’existe. La meilleure réponse ne se limite pas à « avoir des extincteurs ». Elle repose sur un triptyque simple, éprouvé et accessible à tous les établissements : une organisation claire, une maintenance régulière, un entraînement réaliste.
Réduire les causes probables, au quotidien
La prévention commence par une règle simple : éviter qu’une source de chaleur ou d’électricité rencontre des matériaux combustibles dans un contexte non maîtrisé. Beaucoup de départs de feu naissent de situations banales, répétées et tolérées.
5 actions simples à mettre en place
- limiter strictement multiprises et rallonges « provisoires »
- garder issues et circulations libres, zéro stockage
- instaurer une routine « fin de journée » sur les zones sensibles
- encadrer les travaux par point chaud avec une autorisation et une surveillance
- définir une zone de charge batteries dégagée, ventilée et loin des combustibles
Le risque s’installe quand le provisoire dure. Une revue mensuelle de 10 minutes suffit souvent à repérer et corriger ces situations avant l’incident.
Cadrer les obligations et formaliser l’organisation
Sécurité incendie efficace rime avec rôles clairs et preuves disponibles. La même exigence revient toujours : démontrer une organisation cohérente, connue des équipes, appliquée et suivie.
- Identifier le cadre applicable : un établissement relève du cadre « lieu de travail », du cadre « ERP », ou des deux selon l’activité, et le niveau d’exigence ainsi que les documents attendus varient en conséquence, notamment pour les ERP soumis au règlement de sécurité incendie qui leur est spécifique.
- Afficher une consigne incendie réellement utile : le code du travail prévoit une consigne de sécurité incendie établie et affichée de manière très apparente dans certains locaux. Le contenu attendu inclut, entre autres, les moyens d’extinction et de secours, les moyens d’alerte, ainsi que les personnes chargées de l’évacuation et de la mise en œuvre des moyens de secours. Bon réflexe : une consigne comprise en 20 secondes, avec des actions simples et un point de rassemblement identifié.
- Désigner des rôles, sans improvisation : guide-file, serre-file, personne qui alerte les secours, accueil des secours, responsable du comptage au point de rassemblement. Un remplacement doit être prévu en cas d’absence.
- Tenir un registre et tracer : exercices et essais périodiques au moins tous les 6 mois, avec dates et observations consignées sur un registre tenu à disposition de l’inspection du travail. Même logique pour les vérifications des équipements et les actions correctives.

Rendre l’évacuation évidente
Une évacuation réussie repose sur un parcours simple et immédiatement lisible. L’établissement doit permettre à chacun d’identifier la sortie la plus proche, de rejoindre un point de rassemblement et d’être comptabilisé sans confusion.
Les équipes doivent garder les issues et les circulations libres en permanence. Un couloir encombré, une porte coupe-feu bloquée ou un stockage devant une sortie ralentissent l’évacuation et augmentent le risque.
La signalisation doit guider sans effort. Un plan d’évacuation clair indique le point « vous êtes ici », les cheminements et le point de rassemblement, et l’éclairage de sécurité doit rester fonctionnel.
Le responsable sécurité doit choisir un point de rassemblement adapté. Ce point doit rester à distance du bâtiment, ne pas gêner l’accès des secours et faciliter le comptage.
S’équiper pour intervenir sur un feu naissant, puis maintenir son équipement
L’établissement doit disposer de moyens de première intervention adaptés à ses risques, accessibles et immédiatement utilisables. Un extincteur absent, mal placé ou hors service ne protège personne le jour où l’alarme retentit.
Le responsable sécurité doit adapter le matériel aux situations les plus probables. L’implantation doit rester logique et visible, sans obstacle, avec une signalisation claire et des accès dégagés.
La structure doit organiser une maintenance régulière et traçable. Les vérifications périodiques doivent confirmer le bon fonctionnement des extincteurs, de l’alarme et, si présent, de l’éclairage de sécurité. Le registre de suivi doit conserver les dates, les observations et les actions correctives.
L’équipe doit retenir une règle simple. Le personnel intervient uniquement sur un feu naissant, uniquement si la sécurité est garantie, et l’alerte reste prioritaire.
Former et entraîner les équipes
L’établissement renforce sa sécurité incendie quand il transforme des consignes en réflexes. Les salariés doivent reconnaître le signal d’alarme, évacuer sans hésiter et savoir utiliser les moyens de premier secours, conformément à la logique prévue par la consigne de sécurité incendie.
Le responsable organise des exercices et des essais périodiques au moins tous les six mois. Le code du travail impose aussi de consigner la date et les observations sur un registre tenu à la disposition de l’inspection du travail.
L’encadrement améliore l’efficacité en rendant ces exercices concrets. Un scénario simple, un temps d’évacuation mesuré, puis un débrief court font ressortir les blocages réels, puis déclenchent des corrections rapides.
L’INRS recommande un exercice d’évacuation tous les six mois au minimum et une formation adaptée à la manipulation des extincteurs, en tenant compte des risques et de l’arrivée de nouveaux salariés.
Une formation dédiée à l’évacuation des locaux est également disponible avec l’UDPS 35.

Un établissement se protège réellement des départs de feu quand il agit avant l’incident. Organisation, maintenance et entraînement forment le socle qui évite l’improvisation et limite les conséquences.
Les cinq leviers restent simples et complémentaires : réduire les causes probables au quotidien, formaliser les obligations et les rôles, rendre l’évacuation évidente, disposer de moyens de première intervention opérationnels, puis former et entraîner les équipes régulièrement. Résultat attendu : moins de risques, plus de réactivité, et une évacuation plus rapide le jour où la situation se présente.
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Publié le 3 février 2026